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Pour le développement du management public territorial et autres réflexions...

Misons sur l'humain : savoir reconnaître les hommes et leurs métiers

23 Mai 2014 , Rédigé par Jean-Pierre MARC Publié dans #management public territorial, #histoire du management, #manager, #autonomie, #confiance, #communication, #cohésion d'équipes

J'ai repris ci-dessous des extraits d'une interview de Pierre-Yves Gomez professeur à l'école de management de Lyon une interview intéressante en ce qu'elle donne des pistes pour les managers pour enchanter leurs collaborateurs.

PY Gomez : Pourtant les managers possèdent l'une des clés pour enchanter leurs collaborateurs et stimuler la créativité, favoriser l'implication de chacun :

  • Négocier des objectifs clairs et précis ;
  • Accorder à chacun et sur chaque objectif , plus d'autonomie sur quatre points : quand il s'y attellera, combien de temps il y passera, comment il s'y prendra et avec qui il travaillera ;
  • Libérer du temps a ceux qui le souhaitent en contrepartie du développement d'un projet qui devra servir l'entreprise et ses collaborateurs, les dates de livraison et la présentation de ces projets étant arrêtées dès le départ ;
  • Faire face et combattre les incantations des autres managers."
  •  

Cela rejoint en grande partie l'analyse des expériences managériales ayant conduit aux plus grandes réalisations connues avec ci-dessous le cas de la Tour Eiffel.

 

Piloter un projet : quatre leçons de Gustave Eiffel Par Marie-Madeleine Sève pour LEntreprise.com, publié le 13 Mai 2013.

Plus de 300 m de hauteur, 7 800 tonnes, 12 000 pièces, 2,5 millions de rivets, 36 000 dessins, 26 mois de travaux... et une première mondiale : l'utilisation du fer pour bâtir une tour. Un défi inouï. En 1889, Gustave Eiffel a su le relever avec pragmatisme. Quelles ont été les clés de sa réussite ? L'analyse d'Anne Vermès, dirigeante et fondatrice de Traits d'Unions (1).

Gustave Eiffel était à la fois un visionnaire et un chef de projet exceptionnel. Il a su assurer la pérennité d'une oeuvre qui ne devait durer que six mois, le temps de l'Exposition universelle. D.R. Difficile maitrise des coûts, pression des délais, aléas climatiques, contestations, nouveauté du matériau. L'épopée de la tour Eiffel a concentré tous les ingrédients qui font déraper un projet : son maître d'oeuvre a pourtant su lever tous les obstacles grâce à ses talents de manager. Il s'est même offert le luxe de finir l'ouvrage un mois avant la date prévue. Voici quatre leviers de sa méthode transposables en entreprise.

1- Clarifier la commande Gustave Eiffel a su aller au-delà de la formulation officielle : faire de la tour le "clou" de l'Exposition universelle de 1889. Cherchant à saisir les motivations profondes de son commanditaire -le ministre de l'industrie et du commerce-, l'ingénieur a donc analysé les besoins non exprimés, en épousant son angle de vue. La situation politique est fragile, la France doit redynamiser son économie et briller dans le concert des nations. Il y a donc nécessité d'innover et de rallier la population à un projet exceptionnel. La prouesse technique n'y suffira pas, la tour aura donc deux autres fonctions : servir aux expérimentations scientifiques grâce à sa coupole haut perchée, devenir le monument le plus visité de Paris, qui plus est avec des entrées payantes.

Leçon 1 : éviter de se limiter à l'objectif affiché ; se forger son opinion et mettre sa touche personnelle; considérer tous les aspects, technique, humain et stratégique.

2- Faire confiance à ses collaborateurs Gustave Eiffel n'avait au départ aucune idée du type de réalisation qui marquerait les esprits lors de l'Exposition. Il a donc remis le cahier des charges à ses deux ingénieurs d'études en chef qui ont phosphoré librement. Adoptant une posture de pilote de projet, il a écouté et su questionner leurs suggestions. Plutôt que d'énoncer des "oui mais..." qui découragent, il a utilisé le "oui et si..." qui stimule. Du coup, il a poussé les deux hommes à examiner les points faibles de leur projet : la composition du métal envisagé, sa résistance aux vents violents, l'esthétique du bâti. Ils ont trouvé le bon matériau et se sont adjoint la compétence d'un architecte. De même, aiguillonnés par Eiffel, ils ont trouvé par eux-mêmes des solutions au problème des fondations reposant sur des marécages : ils ont fait des tests sur des tours miniaturisées.

Leçon n°2 : éviter de faire à la place de X ou Y ; privilégier l'intelligence collective ; se méfier des jugements de valeur ; lever la tête du guidon pour impulser

3- Communiquer à chaque étape Gustave Eiffel a suscité l'adhésion au projet au fur et à mesure de son déroulé. Pour ce faire, il a su aux moments charnières repérer les parties prenantes, pour mieux s'y adapter

  • Face au comité de sélection, il a argumenté. Venu avec une documentation technique détaillée pour les pinailleurs, il a exposé une version synthétique, pour les autres avec des chiffres précis, l'explication des procédés et des bénéfices attendus.

  • Face à ses détracteurs, il a répliqué par des faits. Il a invité les journalistes dénonçant les dangers du travail en hauteur et "l'odieuse colonne boulonnée" à rencontrer contremaitres et ouvriers in situ. En outre, il a inauguré le 1er étage en ouvrant le chantier à tous - presse, professionnels, collégiens, public- afin d'isoler les opposants.

Leçon n°3 : identifier les peurs et rassurer ; montrer à voir ; faire de ses collaborateurs des ambassadeurs du projet

4- Renforcer la cohésion des équipes S'il a constitué des équipes "hyperspécialisées" dans leur domaine, Gustave Eiffel a donné, dans le recrutement, la priorité à l'agilité managériale des chefs, capables de travailler en transversalité. Les deux sites, les ateliers de Levallois qui concevaient et découpaient les poutrelles et le champ de Mars étaient reliés entre eux par une navette hippomobile deux fois par semaine pour les livraisons. Il y avait une réunion inter-sites par semaine des cadres sur le chantier. Par ailleurs, il a instauré une cantine au 1er étage, favorisant les échanges entre les travailleurs de la tour. Eiffel savait aussi reconnaitre publiquement les mérites de ses troupes. Lors des inaugurations, du 1er étage puis de l'ensemble, il a fait monter d'abord ceux de Levallois, dits "les gars du plancher des vaches", avant les monteurs, dits " les charpentiers du ciel". Et le jour "J" chacun des contributeurs reçut une médaille commémorative.

Leçon n°4 : spécialiser les rôles ; créer l'interdépendance des missions et faciliter la coordination en cas de problème ; valoriser chacun des collaborateurs.

(1) A la tête de cet organisme de formation elle est l'auteure de "Piloter un projet comme Gustave Eiffel" (Eyrolles, mars 2013).

 

Tout ou presque semble dit non ?

 

Nota : cet article fait partie d'un ensemble plus vaste accessible ici.

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