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Pour le développement du management public territorial et autres réflexions...

Quelles finalités pour le service public ? ou quand l'économie éclaire la systémique...

1 Décembre 2014 , Rédigé par Jean-Pierre MARC Publié dans #service public, #tarification du service public, #capacité contributive, #fiscalité, #où vont les impots ?, #consommation de service public, #finalités du service public, #économie, #élasticité

"La consommation de service public croit avec le revenu !" (en termes économiques cela se traduit par le fait que l'élasticité de la consommation de services publics par rapport aux revenus est supérieure à 1 )

Voilà le pavé jeté dans la marre par l'un de mes éminents professeurs d'économie ! ou plutôt voilà le pavé que j'ai pris dans la figure il y a quelques années déjà !

Moi qui m'était engagé dans le service public par passion de travailler pour les autres et notamment pour les plus démunis ceux qui souffrent bref qui ont le plus besoin de l'état providence et bien finalement cela jouerait dans de nombreux cas à l'envers et bien des services publics seraient en fait destinés aux plus aisés cela mérite que l’on s'y arrête.

Je me suis interrogé depuis sur la réalité et ce que je constate ne me rassure pas forcément quand je me demande :

Qui profite des espace d'art contemporain financés par des villes ?

De même nous avions fait une étude sur les usagers d'une école municipale de musique et le résultat fut éclairant 80% de ces derniers avaient un revenu supérieur à 5000 euros par mois !

Et ces médiathèques qui fleurissent profitent-elles vraiment à ceux qui auraient tant besoin d'accéder au savoir ou bien ne facilitent-elles la vie qu'aux grands lecteurs ce qui leur évite d'acheter des livres soit dit en passant !

jusque dans les restaurants scolaires la très grande majorité des usagers ont des parents aux revenus de classes moyennes supérieures pour des repas payés à des prix dérisoire sans commune mesure avec le prix de revient.

On pourrait même parler du sport mais nous y reviendrons dans un prochain post.

Comprenez bien ce n'est pas l'existence de ces services qui est contestable, même si en période de vaches maigres les dirigeants publics vont devoir y réfléchir face aux choix douloureux à venir, et les contribuables aisés sont aussi des électeurs qui savent faire valoir leurs souhaits...

Mais le financement quasi exclusivement par l'impôt de ces services heurte.

Ainsi les impôts financent en partie non négligeable des services destinés aux classes aisées. Normal me dira-t-on ce sont elles qui les payent ces impôts. Eh bien ce n'est pas ma conception du service public et je pense qu'il y a là matière à s'interroger sur la tarification desdits services.

Même s'il existe des travaux intéressants en la matière la tarification des services publics reste un parent pauvre en France où la plupart du temps on se contente de reconduire avec un taux d'actualisation sans aller beaucoup plus loin. Je parle bien entendu de la tarification en fonction des capacités contributives. Pour l'avoir instaurée, non sans mal face aux représentants d'usagers bobos tenant de l'égalité pour tous, (qui profite à qui ?)  en matière de restauration scolaire il s'est avéré que le résultat était positif pour les recettes (plus 10%  au total) avec un prix minimum dérisoire réduit de plus de moitié par rapport à l'existant déjà modique pour les revenus les plus faibles.

Encore une fois en ces temps d'épuisement de la ressource publique il y a sans doute là une source de financement à creuser qui sera par ailleurs à n'en pas douter source d'un meilleur contrôle sur le service. il y a aussi peut être là un chantier de refondation du service public du XXIeme siècle en se réinterrogeant sur ses finalités prioritaires.

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