Quel DGS pour demain ?
Ci-dessous les extraits d'une interview parue dans la Gazette :
Consultant-formateur, et ancien cadre territorial, Jean-Pierre Marc s'interroge sur le profil du directeur général des services (DGS) de demain.
Pourquoi vous intéresser à la fonction de DGS ?
Elle est centrale, et pose beaucoup de questions. La première est de savoir si, dans dix ou 20 ans, il y aura encore des DGS. Cela peut sembler incroyable, mais à écouter des élus, notamment
issus des dernières élections, ou en observant ce qui se passe à l'étranger, en Allemagne notamment, on constate que la fonction de DGS n’est pas indispensable. Des élus piloteraient les
administrations, ou les cabinets. Aussi bien ?... A voir.
Votre préoccupation est-elle partagée ?
Oui, les syndicats, l'INET, les ENACT s'interrogent, même si cela se traduit peu par des écrits. Les jeunes, en particulier, veulent savoir dans quoi ils s'engagent.
Que leur répondez vous ?
La prospective est difficile. On risque de dire n'importe quoi, ou de ne faire qu'extrapoler. Ce qui est sûr, c'est que l'environnement des DGS va rester mouvant. La décentralisation a ouvert la
voie, et l'intercommunalité a constitué une autre révolution. Si, demain, le gouvernement va plus loin dans la régulation de l'organisation administrative, cela continuera. Je note trois autres
tendances: l'importance de la fonctionnalité, d'abord. On s'est longtemps demandé si nous n'allions pas vers un spoils system, mais nous y sommes. Le poids des cabinets ensuite et la
professionnalisation des élus, au point que certains peuvent endosser la fonction de DGS, enfin sont deux autres points remarquables.
Vous êtes consultant depuis 2001, après avoir été DGS. Que comprendre de cette mobilité ?
Qu'un DGS peut faire carrière, et servir le public, ailleurs que dans la territoriale. Je conseille d'anciens collègues, je forme de futurs collègues, la demande est réelle. Mais c'était une
mobilité voulue. Je voulais prendre du recul par rapport à l'opérationnel. Par ailleurs, j'ai observé, depuis, de nombreux changements, en bien: la professionnalisation des cadres, la
reconnaissance statutaire. Et en moins bien, comme une précarité accrue, ou les questions sur le devenir de la fonction. Aujourd'hui, je suis fier de ma "mobilité". La chose qui me manque le
plus, c'est l'échange avec les élus, la relation avec eux sur la durée...